Présentation d'Emir Shiro par Yard.

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Après Laurent Perbos, c’est Emir Shiro qui a les honneurs de Yard dans le cadre de la promotion de l’Exposition Trajectoire.

Interview réalisé par Raïda Hamadi, photo de Antoine Laurent (@antoine_sarl) pour Yard.


Peux-tu te présenter, toi et ton travail ? 

Je suis Emir Shiro. Je me considère principalement comme un artiste mais je suis aussi graphiste. Les gens me connaissent surtout pour mes collages, mais aussi par mon travail autour de la censure. C’est un travail que j’ai développé il y a un an déjà, et que je continue de développer aujourd’hui. À la base je suis illustrateur, et quand j’étais en école d’art, je dessinais principalement du corps nu. Quand j’ai voulu publier mes dessins sur les réseaux sociaux, je me suis fais censurer par les chartes et les règlements. Surtout sur Instagram, qui avait fait sauter mon premier compte. Donc j’en suis venu au collage, puisque c’était une technique qui me permettait toujours de parler du corps « en jouant avec le cachet dévoilé ». C’est clairement de la suggestion. Et depuis, j’existe essentiellement sur les réseaux grâce à ça, et étrangement je me suis fait un « nom » par le même biais. On peut dire que c’est un accident qui est devenu quelque chose de grand.

Quel est ton rapport à la censure ? 

Je travaille sur le corps dans le but d’enlever tous les tabous qui l’entourent. En fin de compte, on est tous nés à poil. Je réalise que plus on avance dans le temps plus les médias censurent la nudité. Je peux prendre l’exemple de Tumblr qui l’a fait récemment. Instagram le fait depuis longtemps. Facebook est rattaché à Instagram… Internet a une discipline assez stricte sur le sujet, alors qu’il y a d’autres choses qui mériteraient une même autorité. J’ai fait une interview pour Playboy avec un journaliste américain il y a quelques temps et il m’a posé là question suivante : « Y’a t’-il de vraies différences entre les façons de penser américaine et française/européennes ? » Je lui ai répondu qu’il y a des prises de positions que je trouve étrange et qu’ici en France on n’a pas forcément.
Aux Etats-Unis, l’apologie de l’armement est banalisée. Pourtant, cela me parait nettement moins dramatique de montrer une paire de fesses ou une paire de seins , mais c’est censuré. En France, la nudité est dans notre culture et j’ai l’impression qu’aujourd’hui on fait marche arrière au lieu d’avancer. J’estime que je suis là pour m’amuser de cela, je me moque de ce contraste avec mon art.

« Le basket, c’est rattaché à cette culture street, du street-art, du streetwear… »

Quel est ton processus de création ? 

En réalité, parfois j’ai déjà le titre ou l’idée dès le début. Alors je vais essayer de l’illustrer avec les photos que je prends ou avec celles d’amis photographes qui travaillent avec moi. Dès lors, soit on essaye de développer l’idée ou le thème, soit je recycle des images que je trouve dans les magazines, sur des affiches, sur Internet, etc. C’est un autre …

Découvrez la fin de l’interview sur le site de Yard, en cliquant ici.