ANA CASTILLO & BARDAMU

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L’une est une dessinatrice espagnole, l’autre est auteur validé 100% parisien. Dans le cadre de l’exposition Trajectoire, ils ont décidé de collaborer pour la première fois et ensemble ils ont mis des images et des mots sur les 10 commandements du basket. Découverte avec du duo.

Extrait de l’interview réalisé par Théophile Haumesser pour REVERSE MAG.

REVERSE : Ana, pour toi qui ne vient pas du basket, qu’est-ce que cette collaboration a représenté en termes de challenge ?
Ana : Déjà, à la base, j’aime bien le côté urbain, dessiner des gens dans la rue, avec leur style, leurs vêtements. J’avais donc déjà dessiné des mecs qui faisaient du basket ou du sport, c’est quelque chose qui m’inspire. Et quand Jérémie m’a parlé de ce projet, ça m’a tout de suite plu. Même si, a priori, je ne connais pas vraiment le basket, j’aime bien me plonger dans quelque chose de nouveau.

REVERSE : Comment avez-vous travaillé pour l’articulation entre les textes et les dessins ?
Bardamu : C’est un peu Jérémie qui a agrégé les gens autour de son idée d’expo sur le basket. Il m’a sollicité pour que j’écrive un texte et, au bout de trois-quatre minutes de discussion, on en est venu à cette idée de commandements un peu « religieux » autour du streetball. Ensuite, il m’a présenté Ana et on a tout de suite eu une bonne dynamique de travail.
Ana : Une après-midi, ils ont commencé à mimer des actions de jeu, j’ai pris plein de notes, j’ai fait des propositions d’illustrations sur lesquelles on a beaucoup échangé pour faire évoluer les dessins. C’est comme ça que j’ai pu comprendre en détail ce que chaque situation impliquait. C’était important que le dessin illustre parfaitement ce qu’ils veulent dire. Au quotidien, j’aime beaucoup la mode, la musique qui sont des choses qui m’inspirent. J’ai fait pas mal d’illustrations pour la presse, notamment Les Inrocks, et, en parallèle de tout ça, je fais de la peinture. Là aussi, ce qui me plaît, c’est de représenter la rue, les gens, la diversité.

REVERSE : Cette collab’ en particulier est vraiment axée sur le streetball. Quelle importance a eu le street dans vos parcours de basketteurs ?
Bardamu : Pour moi, c’est l’axe central de mon approche du basket. Le peu de jeu de club auquel j’ai participé ne m’a pas trop séduit. Je trouvais qu’on perdait en inventivité et en spontanéité. Même si ça peut être très beau le basket bien orchestré, bien pensé, ce que j’aimais dans le street c’est la liberté du truc. Paradoxalement, je sais qu’on a envie de reproduire les gestes très léchés de gens qui jouent en NBA ou en club. Le street basketball, c’est vraiment l’essence de mon jeu, mais en même temps je voulais avoir les gestes les plus académiques possibles pour qu’ils soient le plus efficace possible. Ce n’est pas une contradiction, ce sont juste deux choses qui se sont nourries.

REVERSE : Ana, dans ces « Dix Commandements », est-ce qu’il y en a un qui t’a surpris, que tu n’aurais pas imaginé ?
Ana : Il y en a un en tout cas que j’aime bien, c’est le premier, avec le côté « violence sur le terrain ». Je passe souvent en vélo devant le playground du Canal Saint-Martin et j’aime bien voir les ambiances derrière ces grillages. Du coup, l’image avec les mecs en mode baston, je trouve la situation marrante et surprenante parce que je ne m’attendais pas du tout à ce que le basket puisse être aussi physique.

© Trajectoire Studio

© Trajectoire Studio

© Trajectoire Studio

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